Jean-Baptiste MARTY (1779-1863)

 

Jean-Baptiste MARTY est né le mardi 18 mai 1779 à Cahors (46). Il est le deuxième enfant de Pierre MARTY, rotisseur et de Lucie SALOMON. Baptisé à Cahors (46), Jean-Baptiste MARTY a épousé Rose Dorothée THIBAULT de LAVEAUX, fille du grammairien Jean-Charles THIBAULT, dit LAVEAUX. Leur mariage a eu lieu le samedi 10 juin 1820. Lors de son mariage, il était âgé de 41 ans. Il est décédé le mercredi 21 octobre 1863 à Charenton (94), à l'âge de 84 ans. Il fut inhumé au Père Lachaise (35D-6) (75).

Il fut soldat, comédien, directeur de théâtre, avant de devenir maire de Charenton.. .

 

 

Jean-Baptiste fut baptisé par Monsieur le Curé Serres. Son parrain fut Jean-Baptiste Lassale, maître-perruquier, sa marraine Guillaumette Cassé. Les témoins présents furent son père Pierre Marty, avec les sieurs Arpigus et Aubert. Il fit ses études à Cahors. En 1796, à 17 ans, il s'engage volontaire dans une légion de hussards, commandé par Cuvelier, l'auteur de pantomimes. Le 10 juin 1800, il participe à la victoire de Marengo contre les Autrichiens. Il ne reste que deux ans dans l'armée de Bonaparte. Il se rend compte qu'il est fait pour la carrière artistique. Il quitte l'armée et, sur les conseils de Cuvelier, il fréquente le Conservatoire de Paris. Il y reçoit les leçons de Monvel. A-t-il été clown à ses débuts ? Il commence sa carrière de comédien au théâtre de la Cité (aujourd'hui le Tribunal de Commerce).

En 1801, il entre au Théâtre de la Gaieté, situé Boulevard du Temple à Paris. C'est en 1804 qu'il joua un premier rôle.

Le 10 mai 1812, à 22 ans, il signe un contrat d'engagement avec le Directeur M. Bourguignon. Il demeure à cette date, 10, rue de la Tour à proximité du théâtre (aujourd'hui rue Rampon dans le 11 arrondissement). Son engagement est fait pour la durée d'une année, il reçoit 5.000 francs d'appointements par année. Par ce contrat, il s'engage "à jouer sur le théâtre de la Gaieté" tels jours et heures que ce puisse être même deux fois par jour, si l'administration le juge à propos, les rôles et emplois de jeunes premiers, tyrans et de tout personnage convenable à son physique dans les Mélodrames, Pantomimes, Ballets, Vaudevilles, Opéras, Comédies et Fééries, et ce, en partage ou alternative, au choix de l'Administration, paraître en outre, dans les pièces à spectacle, et généralement se prêter à tout ce qui peut contribuer au bien de l'entreprise.

Pendant 20 ans, Marty fut au Théâtre de la Gaieté le comédien qui eut le plus de succès. De 1812 à 1845, il se fit la personnification de la victime honnête et de la vertu récompensée au dénouement des drames. Tel fut dans cet intervalle le nombre de ses créations, qu'une statistique spéciale constatait des 1823, 11.000 empoisonnements, avec variante, qu'il avait subies à la scène. On le désignait ordinairement sous le nom du "vertueux M. Marty". Le grand artiste Samson, de la Comédie Française, professeur au Conservatoire a dit à ce sujet : "appelé à représenter des caractères bons et généreux, Marty s'y sentait à son aise. Il joua aussi des rôles d'une nature opposée; mais faut-il le dire ?, on souffrait un peu à l'y voir.

Il semblait qu'il fut trop honnête homme pour subir de telles transformations".

En 1817 à 38 ans, il devint régisseur de la Gaieté; puis co-directeur, associé de M. Bourguignon, puis de Dubois et de 1824 à 1835 co-directeur avec Guilbert de Prixéricourt.

 

En 1820 à 41 ans, il épousa Rose Thibaut-Laveaux, fille de Jean-Charles Laveaux (1748-1827), littérateur, lexicographe français, auteur de nombreux ouvrages de linguistique, professeur de grammaire et littérature française en Prusse, devenu ensuite rédacteur du "Journal de la Montagne sous Robespierre, puis inspecteur général des prisons et des hospices du département de la Seine sous le 1 Empire.

 

C'est en 1835 que Jean-Baptiste Marty quitte le théâtre. Le journal Le Charivari du 16 septembre 1843 dans un article de première page sur Marty publie : "Quand on a été assassiné régulièrement tous les soirs pendant trente-cinq ans, on est bien aise de se reposer un peu sur ses vieux jours"; ce fut aussi l'avis de Marty qui se décida enfin à prendre sa retraite et à disparaître de la scène du monde et de la Gaieté. Marty jouait souvent au théâtre le rôle de Fénelon, Archevêque de Cambrai dans la pièce de Chénier. A laz sortie du spectacle on a souvent vu des personnes se' placer à la porte des artistes et mettre le genou en terre lorsque passait Marty, pur lui demander sa bénédiction. Il va sans dire que Marty la leur accordait toujours ! Très aimé du public, il fut représenté par une dizaine d'estampes dans ses principaux rôles (Editions Martinet). Le dessinateur Grevedon fit un très beau portrait de l'artiste, un autre fut gravé à l'eau forte par F. Hillemarcher. A la retraite Marty se retira dans sa maison de Charenton.

 

 

Le théâtre définitivement abandonné, c'est sur la scène de la vie politique locale que Marty déploya de nouveaus talents.

Elu conseiller municipal en 1833, alors qu'il était encore au théâtre de la Gaieté, le nouvel édile charentonnais fit preuve dans ses nouvelles fonctions des qualités de sérieux, de dévouement et de probité qui avaient marqué sa carrière de comédien.

Dix ans plus tard, les habitants de Charenton-le-Pont lui offraient l'écharpe de Maire de cette paisible commune du confluent de la Seine et de la Marne, où il résidait depuis 1820.

Le 9 septembre 1843, devant le Sous-Préfet de Sceaux, Jean-Baptiste jurait "fidélité au Roi des Français, l'obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume". Marty n'a jamais appartenu à un groupe politique.

Le nouveau maire prenait ses fonctions dans une période charnière de l'histoire de sa ville.

Alors que celle-ci s'était dotée, en 1838, d'un hotel de ville installé dans une résidence de campagne de la fin du XVI siècle ayant appartetenu à Barthélémy Cénamy, banquier du Roi Henri IV, un quartier naissait peu à peu sur les dix hectares du parc qui durant plusieurs siècles avait entouré la propriété et qu'un groupe de financiers avaient vendu par lots.

Au sud de la ville, la percée du chemin de fer de Paris-Lyon-Marseille ouvrait une profonde saignée d'ouest en est, qui à partir de 1848 créait une rupture dans le tissu urbain. Deux entités étaient ainsi créées, la ville basse caractérisée par un vieil habitat et une population aux activités traditionnelles, une ville haute aux immeubles et villas modernes qui attiraient des petits rentiers exigeant un confort que les populations laborieuses de l'ancien village ignoraient.

De nouveaux aménagements s'imposaient, la construction d'équipements publics s'avérait nécessaire, qui marquèrent la naissance du quartier du Centre où se fixa le coeur de la vie locale à partir de 1850.

Marty fut le maître d'ouvrage de ce vaste chantier de modernisation et dès octobre décidait l'implantation d'un commissariat de police.

Préfigurant le déplacement définitif du centre urbain vers le nord, le maire fit voter en 1848 la translation du cimetière de Conflans, siège de la paroisse, dans le Bois de Vincennes, à quelques centaines de mètres de l'asile pour enfants, ancêtre de nos écoles maternelles, construit en 1845.

A nouvelle ville, nouvelle voierie. Marty s'attacha à rendre plus carrossables les vieilles rues charentonnaises qui furent empierrées. De nouvelles voies furent percées dont la plus importante, le grand chemin de communication de Bercy à Charenton, reliait Paris au pont de Charenton par les bords de Seine et de Marne jusque là impraticables.

En 1852, il faisait acheter par la commune la place Henri IV, dans l'ancien parc du Pavillon Cénamy, afin d'y établir la fête locale et d'y implanter le premier marché aux comestibles qui fut déplacé en 1860 place des Ecoles.

Le gaz venait éclairer ces nouvelles voies; des bornes fontaines étaient implantées afin d'assurer l'approvisionnement en eau potable des habitants.

Mais sans nul doute, les deux dates les plus importantes qui marquèrent son mandat furent la décision prise en 1843 d'édifier un nouveau lieu de culte et celle de 1859 de construire le premier groupe scolaire communal.

Les deux projets dont la réalisation fut confiée à Naissant, architecte voyer des communes rurales de l'arrondissement de Sceaux, furent réalisées en 1656 et 1854 à une cinquantaine de mètres l'un de l'autre.

L'ancienne église de Conflans était vétuste, exigüe, difficile d'accès et loin du nouveau centre ville. Le terrain acheté en 1856, l'ancien clos des Arcquebusiers, à proximité de la Mairie, vit s'élever un bâtiment de style composite qui fut ouvert au culte le 31 juillet 1859. Saint Pierre de Charenton accueillit le 21 octobre 1863 la dépouille de celui qui avait présidé à sa construction.

Au terme d'une vie fort riche, Marty avait pris sa retraite en 1860. La ville ouvrit une souscription afin de lui offrir une médaille d'or gravée "La commune de Charenton (Seine) à son ancien Maire M. Marty - Hommage de reconnaissance et de vénération".

Celle-ci venait compléter la distinction de la légion d'honneur qui lui avait été remise le 10 décembre 1849 en reconnaissance de son dévouement auprès des malades lors de l'épidémie de choléra de 1848-49.

 

Dès son mariage avec Rose Thibault-Laveaux, en 1820, Marty avait eu deux enfants. Son fils Charles-Joseph, élève de l'Ecole des Chartes fut un éminent liguiste et historien et consacra une étude à l'histoire du protestantisme local, "Charenton au 17 siècle". Il donna un petit-fils à Jean-Baptiste, André qui devint un artiste-graveur renommé et une petite-fille Marie-Rose.

Cette dernière épousa un professeur en Sorbonne, Louis-Petit de Julleville. Le ménage eut plusieurs enfants, dont un fils qui devint qui devint évêque de Dijon, puis archévêque de Rouen et revêtit la pourpre cardinalice.

La maison qu'habitait Marty, à l'angle de deux rues, abrita pendant plusieurs années une pittoresque vacherie appelée la Laiterie de l'enfant Jésus.

La commune édifia par la suite en son emplacement un dispensaire et une crèche, projet que n'aurait pas désavoué l'ancien proriétaire des lieux. Il accueille aujourd'hui le centre social de Charenton.

 

(Extrait de la Revue Trimestrielle des Quercynois de Paris N 108 - 4 Trimestre 1996)

Rose Dorothée THIBAULT de LAVEAUX, N 125 Née le mardi 14 novembre 1786 à Stuttgart. Ses père et mère étaient âgés de 36 ans et 34 ans. Deuxième enfant de Jean-Charles THIBAULT DIT LAVEAUX et Françoise LAPORTE de LA MAURIE. Lors de son mariage, elle était âgée de 33 ans. Décédée le vendredi 12 avril 1861 à Charenton (94) à l'âge de 74 ans.

 

1 enfant est né : 1. Charles Joseph MARTY, Né le dimanche 13 avril 1823 à Charenton (94). Union le jeudi 23 septembre 1847 à Paris 6 avec Rosine Adèle Augustine BIHET. Union le jeudi 22 août 1889 à Paris 18 (75) avec Clara Germaine Victoire, dite Bonne Amie GENTY. Décédé le mardi 11 juillet 1899 à Vitry-sur-Seine (94) à l'âge de 76 ans.